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Immune Nature

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Les temps actuels invitent à se replonger dans l’HIStoire, ces moments où Michael Jackson était encore parmi nous. Car pour celles et ceux qui ont vécu cette époque, nous avons souvent le sentiment de plusieurs décennies intenses dont malgré tout nous n’avons pas connu chaque moment.

Certes, nous avons perçu Michael Jackson comme une personnalité dont l’action dépassait le simple cadre musical, mais difficile de tout suivre quand la plus grande partie de la carrière de la star se situe avant la généralisation d’Internet.

Michael Jackson est connu comme étant à l’origine de nombreux projets humanitaires mais il n’est pas question de tous les lister ici.

L’article d’aujourd’hui a pour objectif de montrer à travers quelques exemples qu’un certain nombre de ses actions, si elles paraissent évidentes aujourd’hui, n’ont pourtant pas vu le jour sans rencontrer des résistances ou des oppositions qui raisonnent comme un écho à ce que nous vivons actuellement.

Un beau projet mais des coupures budgétaires dans le domaine de la santé…

Le 27 janvier 1984, lors du tournage d’un spot publicitaire pour Pepsi, Michael Jackson est victime d’un accident qui entraina de graves brûlures à son cuir chevelu au deuxième et troisième degré.

D’abord transporté en urgence au Cedars Sinai Hospital de Los Angeles avant d’être transféré dans une unité pour grands brûlés au Brotman Medical Center de Culver City, M. Jackson dut subir des greffes de peau et observer une période de convalescence.

Menacé de poursuites judiciaires pour cet accident qui aurait pu coûter la vie au chanteur, Pepsi conclut finalement avec lui un accord à l’amiable à hauteur de 1,5 million de $.

Jackson décida de reverser l’intégralité de cette somme à la recherche sur le traitement des brûlures au Brotman Medical Center où il avait été soigné. A l’occasion de l’officialisation de ce don en décembre 1984, le Brotman Medical Center renomma son unité dédiée aux grands brûlés en l’honneur de la star : Michael Jackson Burn Center.

L’histoire aurait pû s’arrêter sur cette note positive mais malgré cette aide, le Michael Jackson Burn Center a cessé d’accueillir des patients en août 1987.

L’hôpital expliquait avoir perdu énormément d’argent, ne plus recevoir assez de patients dans cette unité, le tout dans un contexte marqué par la baisse des remboursements gouvernementaux pour les soins médicaux des plus modestes notamment.

Les responsables du comté déclaraient que l’État de Californie avait accepté plusieurs années auparavant de payer 30% du coût des soins de santé des personnes sans ressources, mais qu’il n’avait pas honoré sa facture. Le comté de Los Angeles à lui seul devait 77 millions de dollars…

Mais les projets de Michael Jackson destinés à promouvoir un meilleur accès à la santé pour le plus grand nombre n’ont pas uniquement connu des difficultés financières. Ils ont également pris place dans des contextes de tensions politiques.

Quand la santé devient un enjeu politique…

En janvier 1993, la Fondation Heal the World et The International Youth Foundation , annonçaient le lancement d’un programme national co-présidé par Michael Jackson et l’ancien président Jimmy Carter, pour collecter des fonds et développer dans plusieurs villes américaines la prévention de la toxicomanie, des programmes de santé et de conseil à destination des enfants, une aide scolaire,…

La première étape de ce projet avait un budget de 1,25 millions de $ et concernait les enfants de Los Angeles qui subissaient les conséquences des émeutes de 1992.

Immuniser : Pour n’évoquer qu’un aspect lié à la santé, notons qu’en collaboration avec The Immunization Coalition of Los Angeles, le programme envisageait de fournir à 15 000 enfants des vaccins contre les maladies infantiles avant la fin de l’année 1993.

Il serait normal de penser que ce genre d’initiative est quelque chose qui ne souffre d’aucune opposition : vacciner les enfants et débuter un suivi médical pour garantir une meilleure prise en charge de leur santé.

En réalité, lorsque Michael Jackson et Jimmy Carter ont renouvelé ce genre de programme pour la ville d’Atlanta, ils n’ont pas fait que des heureux.

Le 13 mars 1993, l’ancien président Carter lançait avec Jackson une campagne pour vacciner des milliers d’enfants en bas-âge en l’espace de six semaines.

Les volontaires du projet Atlanta, devaient aller dans 20 quartiers pauvres de la ville le week-end du 17 au 18 avril dans le but de rendre visite à plus de 200 000 familles dont les enfants pouvaient avoir besoin de vaccins contre diverses maladies, notamment la polio, la rougeole, les oreillons, la coqueluche et la rubéole.

« Nous avons un taux de vaccination beaucoup plus élevé au Bangladesh qu’à Atlanta. Et cela signifie que dans tout ce pays, parmi les Afro-Américains, nous avons un taux de mortalité infantile de 18 pour 1 000. Il y a beaucoup de pays du Tiers-monde qui ont des taux de mortalité infantile inférieurs à ceux des Afro-américains », avait déclaré Jimmy Carter.

L’implication de la Fondation Heal The World dans ces programmes était inspirée par l’appel lancé par le président démocrate de l’époque Bill Clinton pour davantage d’entraide entre les Américains. Seulement 3 semaines après sa prise de fonction officielle en janvier 1993, le président Clinton avait lancé les bases d’un projet de vaccination à grande échelle.

Au niveau national, Clinton avait proposé de fournir des vaccinations gratuites à tous les enfants américains. Mais, alors qu’il s’agissait de la santé du plus grand nombre, Clinton avait rencontré de fortes oppositions de la part des républicains et des fabricants de vaccins…

C’est dans ce contexte qu’il faut replacer le projet Atlanta.

Finalement, le projet Atlanta fut un succès, certaines sources évoquent 17 000 vaccinations en 5 jours. Un succès, car sans doute à l’échelle d’une ville, basé sur le volontariat et financé par des dotations privées.

Mais non, les choses n’allaient pas d’elles-mêmes. Il a fallu mettre en place des partenariats ainsi que des financements et mener une action volontaire.

Aujourd’hui, les actions paraissent simples mais c’est oublier dans quels contextes elles s’inscrivaient.

L’action de M. Jackson a concerné des dizaines de milliers d’enfants (mais aussi des adultes) et elle relevait de choix audacieux et d’investissements lourds. Les personnes qui imaginent qu’il y avait autre chose derrière ces actions ne font que projeter leurs frustrations (ou leur fonds de commerce anti-Jackson).

Affronter les préjugés d’une société…

Quand Michael Jackson devient ami avec le jeune Ryan White porteur du VIH suite à une transfusion sanguine, on retient simplement aujourd’hui que le jeune homme a été cette figure emblématique du combat pour la reconnaissance des droits des personnes porteuses du virus.

Mais sommes-nous sûrs qu’au cours des années 1980 alors que l’on savait peu de choses du SIDA, nous aurions agi comme l’a fait Michael Jackson ?

Il est facile de dire aujourd’hui ou même au début des années 2000, il faut être solidaire avec les personnes séropositives. Mais dans les années 1980, soyons honnête, il n’est pas sûr qu’à titre individuel nous ayons tous eu le courage de faire tomber les préjugés sur la maladie et de nous mobiliser.

Il n’y a qu’à se rappeler le combat du collectif Act Up pour faire bouger les choses et dans une approche différente celui de Solidarité Sida en France.

Pour revenir au cas de Ryan White, il n’y a qu’à se replonger dans l’histoire (et parfois le calvaire) vécu par le jeune homme au quotidien pour voir les pesanteurs et les oppositions qui existaient dans la société américaine.

Même après sa mort, la mémoire de Ryan White fut confrontée à la haine. Dans l’année qui a suivi sa mort (1990) sa sépulture a été vandalisée 4 fois. Cela montre bien qu’apporter son soutien n’est pas un acte anodin et que cela traduit du courage.

L’année dernière, des articles arrivaient à lister le don d’une Ford Mustang de MJ à R. White comme un exemple de sa manière d’attirer des enfants à lui.

Mais ces mêmes articles ne se demandaient pas pourquoi Elton John avait prêté 16 500$ à la maman de Ryan pour financer son logement. Cela montrait le point de vue mal biaisé de ces blogs bidons.

Si vous êtes mal intentionné, vous pouvez développer toutes les théories sur le pourquoi de l’aide financière d’Elton John à la famille White.

Si vous connaissez les faits, vous n’avez aucun intérêt à travestir la vérité. Et si vous avez pris le temps de connaître au cours de votre vie les rapports humains en dehors des théories que vous proposent les livres, alors votre approche ne s’enferme pas dans une impasse intellectuelle où vous voyez des crimes partout.

Le soutien de Michael Jackson pour la cause représentée par Ryan White s’est aussi accompagnée de dons pour mener des actions concrètes dans la lutte contre le SIDA, comme par exemple en 1994 avec la somme de 500 000 $ à destination de l’Elizabeth Taylor AIDS Foundation.

Les haters prêtent aux structures associées à Michael Jackson de son vivant des intentions obscures et ils font cela sans avancer l’ombre d’une preuve.

Mais ils n’auront rien à vous dire sur les 60 000 doses de vaccins envoyées en urgence par avion en décembre 1993 à Tbilissi (en Géorgie) grâce à un partenariat entre la Fondation Heal The World et la Gorbachev Foundation.

La Géorgie connaissait une situation politique instable et elle était marquée par la guerre civile.

Alors, vous pouvez voir ces actions avec le regard de certains articles de l’année dernière made in « Leaving Neverland » et soutenus par la plupart des médias en 2019.

Ce qui donnerait quelque chose genre « avec ces 60 000 doses de vaccins, Michael Jackson voulait attirer des enfants à lui… si si Jim Clemente il a dit que oui… »

Ou vous pouvez, à la lumière des événements qui déstabilisent nos sociétés en 2020, poser un regard actualisé qui vous permet de comprendre le contexte de l’époque.

L’année dernière, les haters et accusateurs bidons vous disaient notamment que la fondation Heal The Word était une couverture pour rabattre des enfants vers Jackson. Aveuglés par la haine anti-Jackson, blogeurs, journalistes et chroniqueurs ne montraient aucune objectivité.

Plusieurs fois Michael Jackson a fait don, parfois en partenariat avec Pepsi, d’ambulances à des hopitaux (par exemple en septembre et octobre 1993 à Moscou et Buenos Aires).

Esprit « hater » 2019 : c’était pour faire venir des enfants à lui…

Esprit 2020 : les personnels de santé ont besoin de matériel pour mener à bien leurs missions et nous sommes tous concernés.

Comme vous le voyez, contrairement aux idées reçues, les plus déconnectés de la réalité ne sont pas les fans de Michael Jackson mais celles et ceux qui sont aveuglés par la haine.

Love Immunity

L’action humanitaire de Michael Jackson ne se résume pas exclusivement à de simples dons d’argent ni à une action dans les années 1990.

Elle s’est traduite par la participation de sa fondation Heal The Word , à la fourniture ponctuelle d’équipement médical à des hôpitaux et à des campagnes de vaccination.

Aujourd’hui, on semble redécouvrir avec ce qui se passe dans les EHPAD en France que les personnes qui côtoient un personnel médical ont un besoin essentiel de contact humain.

Les gens peuvent raconter ce qu’ils veulent sur les distributions de jouets dans les hôpitaux du monde entier par Michael Jackson au fil de ses tournées. Mais ceux qui réfléchissent vraiment ou qui connaissent le milieu hospitalier savent à quel point il est important d’apporter des moments de joies aux personnes qui s’y trouvent.

Ce n’est pas pour rien que des compagnies de clowns s’y rendent, que des célébrités offrent des voiturettes électriques qui permettent aux enfants de se déplacer pour se rendre au bloc opératoire en réduisant leur stress.

Si vous êtes sensibles à la vie des malades ou des personnes médicalement assistées, vous comprenez le sens de ces actions.

En ce qui concerne la publicité qui est faite autour de ces actions, elle est nécessaire.

Il y a quelques temps, un célèbre judoka, expliquait qu’au début, il ne voyait pas l’utilité de communiquer sur des actions qu’il menait à titre personnel. Mais quand il a compris que sa personnalité publique pouvait inspirer d’autres personnes à faire de même, à donner, alors il a assumé un rôle d’ambassadeur pour une noble cause.

Une personnalité a un rôle à jouer car elle focalise sur elle l’attention de milliers voire de millions de personnes qui sont à l’écoute.

Participer à des campagnes de vaccination, ce n’est pas seulement agir pour la situation immédiate, sauver des vies. C’est voir plus loin.

Comme l’écrit la fondation Clinton : « la vaccination contribue à la sécurité économique et sociale, à l’augmentation de la productivité du travail et à l’amélioration des résultats cognitifs et éducatifs des enfants« .

Vacciner, c’est donc aussi envisager le développement des sociétés et donner la possibilité d’un avenir meilleur.

Quand le 29 août 1988, après un concert du BAD World Tour à Leeds, Michael Jackson remet un chèque équivalent à 130 000 $ à l’organisation caritative britannique « Give For Life », cela concerne la mise en place de programmes de vaccinations.

Nous ne sommes pas encore avec la fondation « Heal The World » (1992), et pourtant cette préoccupation est déjà présente.

La situation actuelle nous rappelle la nécessité de soutenir le domaine de la santé.

Elle nous invite aussi à réfléchir à l’importance de certaines actions humanitaires passées et aux contextes dans lesquels elles ont vu le jour.

Ce qui parait être une simple formalité quand on le regarde de loin était au même titre aujourd’hui une action qui à chaque fois nécessitait la mise en place de partenariats, de mobilisations uniques par leurs ampleurs, de fonds, de bénévoles et d’une logistique. De plus, ces actions concernaient parfois des régions sinistrées ou marquées par la guerre.

Alors avec modestie, peut être pouvons-nous reconnaître que nous n’avons pas perçu toute l’importance de l’action humanitaire de Michael Jackson de son vivant tout comme nous n’avions peut être pas conscience avant la crise du Covid-19 des besoins réels des personnels de santé, et encore moins de ce qu’était une situation d’urgence sanitaire.

Aujourd’hui, en 2020, nous sommes à la place de ces enfants de Tbilissi, de ces enfants de Los Angeles ou d’Atlanta en 1993, qui étaient dans l’attente et le besoin urgent de vaccins ou en tout cas de la mise en place d’une aide médicale tandis que des personnes porteuses de préjugés, des opposants politiques ou des laboratoires se faisaient la guerre pour défendre leurs propres intérêts au détriment du plus grand nombre.

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