5 questions à… Franck Vidiella

Franck Vidiella, l’auteur du roman « Michael : le journal d’un fan » a accepté de se prêter au jeu des questions/réponses. Voici 5 questions pour en savoir plus sur l’auteur et son œuvre…

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Bonjour Franck Vidiella, comment vous est venue l’idée d’écrire ce roman ?

Franck Vidiella : En avril 2010, je me suis rendu en visite à Tokyo avec mon épouse. Cela faisait bien longtemps que je rêvais du Japon, et ce voyage devait aussi me permettre de découvrir un fanshop entièrement dédié à Michael dont j’avais eu connaissance antérieurement. Sur place, j’ai trouvé le lieu tellement fascinant que je n’ai pu me retenir d’en faire des photos. Et ces clichés, de retour en France, je les ai mis en partage sur le forum de MJFrance. C’est alors que Michaelzine m’a contacté afin de me demander l’autorisation d’utiliser ces images dans le cadre d’un article à paraître sur ce sujet. Content de pouvoir apporter ma contribution, je fus très heureux de donner mon accord et accepta même par la suite d’écrire quelques lignes sur cette boutique située à Shibuya, le quartier branché de la capitale japonaise. J’ai de la sorte rédigé un texte dans lequel j’expliquais la singularité de cette expérience, un texte dont je ne savais pas encore qu’il deviendrait le point de départ de « Michael, Journal d’un fan ». Ce fut en effet le début d’un travail d’écriture dont le roman-témoignage au sujet duquel vous m’interrogez est le fruit. Après avoir eu le plaisir d’apprendre que mon texte et mes photos seraient dans un magazine consacré à mon idole, je le fis effectivement lire à un ami passionné de littérature qui me conseilla d’en faire un livre. Sept mois après mon voyage au Pays du Soleil Levant, mon aventure tokyoïte s’est ainsi transformée en aventure éditoriale, presque de façon hasardeuse. C’est donc indirectement grâce à Michaelzine que ce roman vit le jour, et je ne peux ici que vous en remercier sincèrement.

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Votre texte fait plus d’une centaine de pages. Pourtant, il est très cohérent du début à la fin.

Comment y êtes-vous parvenu ?

Franck Vidiella : La cohérence d’un texte, quelle que soit sa nature, me semble être une qualité essentielle. Lorsqu’on raconte une histoire, il est important de ne pas perdre le lecteur en route. Pourtant, ce texte ne fut pas écrit de manière « chronologique ». J’ai par exemple commencé par le dernier chapitre qui se déroule à Tokyo, pour ensuite écrire le second sur Moscou. En revanche, j’avais dès le premier jour une idée très claire du plan général, avec une idée relativement précise des évènements que je voulais relater. Mais le point qui m’a véritablement surpris dans cet exercice relève indubitablement de la vitesse à laquelle l’inspiration m’est venue. Au début, je ne voulais écrire qu’une trentaine de pages et, de jour en jour, les mots se sont imposés à moi, me donnant l’impression que le texte s’écrivait tout seul. J’avais probablement un besoin d’écriture que je ne soupçonnais pas, un besoin de me confier également. Au final, ce roman-témoignage se présente sous la forme d’un récit se déroulant sur une année, du 25 juin 2009 au 25 juin 2010, période durant laquelle je fus surpris de constater à l’occasion de divers voyages évoqués dans le texte à quel point la mort de Michael possède un impact planétaire. C’est aussi une année durant laquelle mon regard sur la mort de Michael a considérablement évolué, cette épreuve m’ayant conduit à reconnaître pleinement la place qu’occupe Michael dans ma vie.

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Le personnage apparaît comme apaisé à la fin du roman.
Mais est-il vraiment possible de faire son deuil ?

Franck Vidiella : Un deuil est toujours complexe à réaliser. Cela demande du temps, beaucoup de temps. Il implique de plus bien souvent de passer préalablement par différentes phases qui sont constitutives d’un travail psychologique à la fois spécifique et délicat. La colère, par exemple, fait partie des sentiments généralement éprouvés suite à la perte d’un proche. Concernant le décès de Michael, les choses sont de plus très particulières. Outre la culpabilité inhérente à la gestion d’une peine suscitée par la perte d’une personne qui fait partie de mon quotidien de fan sans véritablement être l’un de mes proches, un autre élément qui complique le deuil s’ajoute à cela. Michael est une star planétaire dont le succès n’a fait qu’augmenter suite à son décès. En conséquence, il est impossible d’échapper à son souvenir, rendant la douleur de son départ indélébile. Malgré tout, avec du temps et de la réflexion, j’ai fini par comprendre que Michael continuerait de vivre à travers ses fans et qu’il ne disparaîtrait totalement que le jour où il tomberait dans l’oubli.
En tant que fan, j’estime donc avoir le devoir de faire vivre son œuvre, cette perspective m’ayant largement permis d’apaiser la souffrance que j’avais éprouvée à l’annonce de son décès. La colère et la culpabilité, deux des sentiments forts que j’évoque de manière récurrente dans le texte, se sont également estompées avec le temps, dès lors que j’ai compris que Michael était, d’un point de vue symbolique, toujours aussi vivant.

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Les voyages semblent tenir une grande place dans votre livre et votre vie.

Pourquoi ? Que vous apportent-ils ?

Franck Vidiella : Les voyages sont en effet essentiels dans ma vie et le sont également dans le roman. Le lecteur est d’ailleurs conduit tout au long du récit à visiter Tokyo, Londres, Moscou et Bilbao, quatre villes où j’ai des souvenirs très forts en relation avec Michael. Il me tenait par exemple à cœur de raconter ma rencontre avec le Japon, dans une ville où Michael était omniprésent. Il en est de même avec Bilbao où la découverte du célèbre musée Guggenheim m’évoqua le souvenir de Michael et son rapport à l’art. Quant au fait de voyager, c’est en effet devenu avec le temps comme un besoin assurant une double fonction : d’un côté, les voyages me permettent de m’extraire du quotidien ; de l’autre, ils enrichissent considérablement ma culture et m’aident à élargir la vision que j’ai du monde. Les nombreux pays que j’ai visités m’ont permis de voir les choses différemment, de prendre du recul bien souvent, de me comprendre aussi parfois… Être confronté à d’autres cultures, d’autres manières de penser, constitue en effet une source considérable d’enrichissement personnel.
Michael a lui-même énormément voyagé, et la richesse intellectuelle acquise grâce à ces voyages est perceptible dans son œuvre. C’est indéniable.

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Est-ce que ce premier roman suscite en vous l’envie de continuer dans cette voie ?

Franck Vidiella : J’ai écrit cette histoire très modestement. Je n’ai d’ailleurs pas la prétention de me définir comme un écrivain, ce terme ayant été à mon sens largement galvaudé ces dernières années. Il suffirait en effet d’avoir écrit un livre pour devenir écrivain. Seuls mes lecteurs auront la possibilité de dire si j’ai les qualités requises pour me revendiquer comme tel. Si les retours sont positifs, il est alors fort probable que j’envisage de me replonger dans l’écriture.

Nous remercions Franck Vidiella pour avoir accepté de répondre à nos questions.

Interview réalisée par Spleen et Seb Ka pour MICHAELzine (nov. 2010)

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